Le Haut Potentiel et le Genre

La précocité intellectuelle n’est pas une affaire de chromosomes comme le syndrome d’Asperger par exemple. Cependant, il est évident que les manifestations du haut potentiel diffèrent fortement entre les individus de sexe masculin et ceux de sexe féminin.

Selon une étude menée en 1986, 1/3 des HPI sont des filles. Cependant, ces dernières passent souvent entre les mailles du filet et leur diagnostic est moins évident. Cette réalité est déjà tangible du fait que l’archétype cliché du surdoué que nous avons en tête prend la forme d’un petit garçon à lunettes, davantage intéressé par les livres que par le terrain de foot.

De plus, les formes d’expression que trouve le haut potentiel chez le jeune garçon et qui posent problème, tels que la turbulence et une forte opposition à l’autorité, sont moins présentes chez les filles. Elles ont en effet tendance à être plus discrète, à davantage s’inscrire dans une dynamique d’intériorisation des émotions, à faire davantage caméléon pour s’adapter au mieux à son environnement sans justement poser problème. En cas de mal-être, les filles HPI vont davantage être sujettes aux phobies scolaires, comme aux troubles du comportement alimentaire. Globalement on remarque ainsi qu’elles ont tendance à retourner les effets secondaires de leur haut potentiel plus contre elles-mêmes que contre les autres. Les Filles HPI apprécient ainsi aussi beaucoup la solitude, mais sans pour autant se sentir esseulées, mais là encore une fois, ce n’est pas le cas pour toutes.

En effet, les particularités qui posent problème chez les garçons tels que la turbulence et la forte opposition à l’autorité est moins présente chez les filles. Elles auraient tendance à être plus discrètes, à intérioriser leurs émotions, et en cas de mal-être elles sont plus prompte à la phobie scolaire et aux troubles alimentaires que les garçons. À l’adolescence, la zèbre est exposée à des risques de dépression qu’elle dissimulera facilement, mais qui en fera une proie de violents shutdowns émotionnels qui peuvent s’avérer sur le long terme dangereux pour elle. La fille donne ainsi l’image d’une précocité introvertie, là où chez le garçon elle apparaît davantage comme extravertie.

La difficulté de leur diagnostic vient également de la société dans laquelle nous vivons.
Alors qu’on prône une réussite professionnelle pour la gente féminine, l’image de la douceur maternelle est également mise sur un piédestal. La jeune zèbre, très perspicace, y verra un fossé immense et un injustice par rapport aux garçons.
Depuis toujours, la sensibilité à été relié à la féminité, c’est une qualité féminine à l’instar des caractérisais masculines tels que la force ou le courage. l’hypersensibilité des zèbres au féminin est donc considéré comme normale, « elle n’est pas surdoué, elle est juste sensible ». Ce qui rend le diagnostic plus complexe.
Enfin, la jeune surdouée aura tendance à être une sentinelle, à penser aux autres avant elle même, et à vérifier le bien être de tous, souvent considéré comme la maman d’un groupe d’amis. Mais ce comportement sera considéré comme normal.

Alors, redorons l’image de filles zèbres. Changeons cette image du petit HP à lunettes ressemblant plus à Agnan qu’à Luna Lovegood.

Références

https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fwww.doris-perrodin.ch%2Fmedia%2Ffemina.pdf

Simoes Loureiro, Isabelle, et al. « Étude des caractéristiques psychologiques et psychobiologiques des enfants à haut potentiel », Enfance, vol. 1, no. 1, 2010, pp. 27-44.

 

 

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